Le Bienheureux Jean Paul II proposait différents synonymes pour traduire le contenu du mystère de la miséricorde. Des mots qui expriment d’ailleurs les multiples facettes de ce mystère. Celui de « compassion » me paraît particulièrement approprié. La compassion n’est pas le pardon. Elle l’accompagne. D’une certaine manière elle va au-delà du pardon des péchés dont l’homme est responsable mais qu’il ne sait pas ou ne veut pas reconnaître. C’est en manifestant sa compassion, en allant chercher l’homme au-delà de son aveuglement, qu’il va lui donner la chance d’entrer dans la foi et de comprendre qu’il a besoin d’être sauvé.
Nous chrétiens, à qui Dieu a manifesté son miséricordieux pardon et sa miséricordieuse confiance, devons à notre tour devenir miséricordieux. « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant » dit l’Évangile (Luc 6, 36-38).
Se montrer compatissant, ce n’est pas être condescendant. C’est vivre ce que nous sommes en tant que membres du Christ et de l’Église. Le champ de la compassion est immense. Le chrétien est appelé à être compatissant à l’égard du frère le plus proche mais aussi à l’égard de la grande famille humaine.
En ce temps particulièrement important des élections le domaine de la responsabilité politique doit faire l’objet de notre compassion. Refuser notre confiance à ceux qui nient le caractère sacré de la vie, la liberté religieuse, la fondation d’un foyer par un homme et une femme n’est-ce pas une manière de montrer notre compassion pour un monde aveuglé et insensé, englué dans la négation des valeurs spirituelles ? Nous vivons des heures lourdes de sens pour l’humanité. Que l’Esprit Saint éclaire notre regard et fortifie notre Volonté et dans la difficulté d’un choix qu’il nous aide à discerner le projet le moins mauvais.
Père René Lavaur