
- célébrations de la Toussaint sur le secteur
Qu’est-ce que la mort ?
Il y a moins de quinze jours, à Bordeaux, une patiente dont la séance de chimiothérapie a mal tourné, a été annoncée cliniquement morte à sa famille, une décision étant demandée à celle-ci pour débrancher les appareils la maintenant artificiellement en vie. Mais la dame s’est réveillée quatorze heures plus tard. Heureuse issue ! Mais qui nous invite à bien réfléchir à ce qu’est la mort. La médecine ne peut pas imposer sa définition de la mort, à partir des seuls signes cliniques. Elle ne le peut pas car l’homme n’est pas une machine et la mort n’est pas une panne fatale de celle-ci. L’homme est une personne douée d’intelligence et de volonté, dont le corps est fait pour le manifester. Le cœur de la personne n’est pas son corps, même s’il est essentiel, mais bien ce que la philosophie appelle l’âme. La seule définition de la mort non sujette à caution est donc : séparation de l’âme et du corps, du visible et de l’invisible.
Si nous réalisons cela, accompagner une personne proche de la mort, ce ne sera pas seulement avoir soin de son corps, soulager ses souffrances. Mais ce sera aussi avoir soucis de son âme, la nourrir de bonté et de vérité. C’est à ce prix que nous serons vraiment dignes de son humanité. N’oublions pas que le Christ lui aussi veut prodiguer ses attentions à cette personne, toucher son corps pour soigner son âme. L’Eucharistie, la Réconciliation et l’Onction des malades sont les sacrements qui nous mettent en contact du Médecin des âmes.
Par la suite, la perception de la mort comme séparation du corps et de l’âme nous encouragera à prendre autant soin de la dépouille de nos défunts que du repos de leur âme. Très concrètement par exemple, à ne pas oublier, en allant fleurir leur tombe, ou le lieu d’où ils ont quitté cette vie, de nous tourner vers le Seigneur pour recommander nos chers disparus.
P. Roch VALENTIN +
Voix de l’Ain du 29 octobre 2010
Les sens des rites et célébrations de novembre
La Toussaint
Le 1er novembre, l’Eglise célèbre tous les saints du Ciel, connus et inconnus. Beaucoup ont leur fête au calendrier, mais les saints sont bien plus nombreux que les milliers dont nous connaissons la vie et les vertus. Les saints sont tous ceux qui sont désormais auprès de Dieu en Paradis. L’objet de cette fête est double. Premièrement, se rendre compte que la sainteté est notre vocation commune. Personne sur cette terre n’est destiné à autre chose. C’est notre but à tous, même si nous avons à emprunter des chemins différents pour l’atteindre. Deuxièmement, demander l’intercession de tous ces bienheureux pour nous qui avons encore à marcher sur cette terre, qu’ils prient Dieu de nous aider à les rejoindre auprès de lui. C’est une grande fête célébrée dans la joie, une anticipation du bonheur du Ciel.
La commémoraison de tous les fidèles défunts
Le 2 novembre, l’Eglise prie pour tous les baptisés décédés qui se préparent à entrer en Paradis. Ce sont les âmes du Purgatoire. En effet, si notre vocation est la sainteté, nous nous rendons compte quotidiennement que nous n’agissons pas toujours en conséquence, que nous ne suivons pas toujours l’enseignement du Christ pour y parvenir. Nos péchés font des dégâts que nous n’arrivons pas toujours à réparer. Mais le Seigneur nous donne encore la possibilité de le faire après notre mort. Cela consiste en un temps de purification avant d’être introduit en sa présence et vivre parfaitement heureux auprès de lui. Notre prière sur la terre est très efficace pour la libération de ces frères défunts.
Les messes pour les morts
Avec ces célébrations du début de novembre, chaque famille pense à ses membres disparus et c’est l’occasion de prier pour eux. Une forme de prière très féconde est l’offrande de la messe à l’intention de ces défunts. Les chrétiens confient à leurs prêtres les noms de ces personnes pour ils prient pour elles à l’autel. L’usage est de faire à cette occasion un don au prêtre. Cela ne correspond pas à l’achat de la messe, c’est impossible, mais ces dons constituent la moitié de son revenu, l’autre étant assurée par le Denier de l’Eglise.
La prière pour les défunts
Outre la messe, chacun peu prier pour les défunts qu’il a connu, mais aussi pour ceux à qui personne ne pense jamais. Parmi les prières, le chapelet a une place particulière, mais aussi les bonnes actions et les renoncements. Le psaume 129 est aussi très adapté à cette intention.
Psaume 129 De profundis
Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière !
Si tu retiens les fautes, Seigneur
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne.
J’espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l’espère, et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.
Plus qu’un veilleur ne guette l’aurore,
attends le Seigneur, Israël.
Oui, près du Seigneur, est l’amour ;
près de lui, abonde le rachat.
C’est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.
La visite au cimetière
La visite au cimetière est également l’occasion propice pour prier pour les défunts qui y reposent. Dans la tombe ne repose que la dépouille du défunt, la personne n’est plus là. Mais c’est pour nous un signe sensible dont nous avons souvent besoin de ce qu’a été celle-ci pour nous. Devant ces restes, nous faisons mémoire et nous nous tournons vers le Seigneur. Notre visage ne reste pas baissé vers la terre, mais nous le relevons vers le Ciel, plein d’Espérance.
Prière pour le veuvage (Maurice Hidoux)
(Sanctuaire ND de Montligeon, Prions pour nos défunts, Nouvelle Cité 2004, p. 201)
Seigneur, en souvenir de mon conjoint (de ma conjointe) qui m’a quitté(e), je viens me confier à toi.
Que ta miséricorde se manifeste sur lui (elle). Que ton amour soit présent sur nous deux : Lui (elle) dans l’éternité, moi-même à tout moment, particulièrement dans les périodes difficiles de la vie. Que ta providence nous réunisse en jour, avec toute la famille, pour jouir ensemble de cette félicité que tu as promise et à laquelle nous croyons.
Que la Vierge Marie intercède pour nous, spécialement pour les membres de notre famille qui nous ont quittés.
Ramène dans la bonne voie, Seigneur, tous ceux qui l’ont abandonnée.
Pour nous tous, enfin, augmente notre foi et fais-nous témoins de ton amour.
Amen
Liturgie familiale proposée par la paroisse Notre-Dame de l’Arche d’Alliance
(cf. www.ndarche.org)
Pendant les vacances de la Toussaint, beaucoup d’entre nous vont se rendre sur la tombe de nos disparus. Pour vous aider dans cette démarche et poser un acte de foi après avoir fleuri et nettoyé les tombes, je vous propose cette brève liturgie à célébrer, seul ou en famille, sur la tombe de ceux et celles qui nous ont quittés. Il est bon d’associer les enfants à cette prière, en leur expliquant peut-être qui sont ceux pour qui nous prions et pourquoi nous prions pour eux.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen !
Nous sommes venus aujourd’hui pour rendre hommage à ceux qui nous ont quittés, et nous voulons les confier, encore une fois, à la tendresse de Dieu.
Ici reposent : (citer les prénoms, éventuellement le lien de parenté pour expliquer aux enfants, l’année de leur décès)
Nous pensons aussi à ceux qui ne reposent pas ici mais qui sont présents dans notre prière. (même démarche) On peut partager un temps de silence, ou relever telle ou telle qualité ou trait marquant des personnes que l’on cite.
Ensemble prions :
Seigneur Jésus-Christ, avant de ressusciter, Tu as reposé trois jours en terre, et depuis ce jour-là, la tombe des hommes est devenue, pour les croyants, signe d’espérance en la Résurrection. Nous Te prions, Toi qui es la Résurrection et la Vie : donne aux défunts de reposer en paix dans ce tombeau jusqu’au jour où Tu les réveilleras, pour qu’ils voient, de leurs yeux, dans la clarté de Ta face, la lumière sans déclin. Toi qui règnes pour les siècles des siècles. Amen !
Notre Père ...
Sainte Marie, toi qui es notre douce mère sur cette terre et qui nous attires vers ton Fils, reçois notre prière et veille avec l’amour d’une mère sur nos défunts maintenant qu’ils sont partis. Et donne-nous, nous qui sommes encore en marche sur terre, d’être fidèles à l’Amour de Dieu qui veut que nous ayons la Vie, et la Vie éternelle.
Je vous salue, Marie, ...
Que le Seigneur nous bénisse, qu’il nous garde de tout mal et nous conduise à la vie éternelle.
Amen !
La bénédiction des tombes
Le rituel prévoit la bénédiction des tombes. Dans certaines paroisses, autour de la Toussaint, le prêtre prévoit de se tenir à tel moment dans tel cimetière pour accompagner les familles qui le lui demande pour un temps de prière et de bénédiction. C’est rare qu’il puisse faire une célébration commune par délicatesse pour les familles d’autres religions ou confessions ayant leur tombe dans le cimetière communal.
L’ornementation des tombes
Le mois de novembre voit les cimetières se couvrir de fleurs, et parfois aussi de lampes votives. Pour les catholiques, ce sont deux symboles de vie plus forte que la mort.
Saint Paul, dans le 1ère lettre aux Corinthiens, chapitre 15 nous dit en effet : « L’un de vous peut demander : « Comment les morts ressuscitent-ils ? avec quelle sorte de corps reviennent-ils ? » - Réfléchis donc ! Quand tu sèmes une graine, elle ne peut pas donner vie sans mourir d’abord ; et tu ne sèmes pas le corps de la plante qui va pousser, tu sèmes une graine toute nue : du blé ou autre chose. […] Et Dieu lui donne un corps comme il le veut : à chaque semence un corps particulier. Il en sera de même quand les morts ressusciteront. Ce qui est semé dans la terre est périssable, ce qui ressuscite est impérissable ; ce qui est semé n’a plus de valeur, ce qui ressuscite est plein de gloire ; ce qui est semé est faible, ce qui ressuscite est puissant ; ce qui est semé est un corps humain, ce qui ressuscite est un corps spirituel ; puisqu’il existe un corps humain, il existe aussi un corps spirituel. » La fleur nous parle donc de la résurrection des corps.
Quant à la lumière, elle manifeste l’espérance de la résurrection, car elle triomphe des ténèbres de la mort. C’est une petite lueur annonciatrice de la venue du Soleil de Dieu.
P. Roch VALENTIN +
page internet du SDPLS de Belley-Ars
La sépulture chrétienne
Nous savons bien la sépulture des morts est un message pour les vivants. Les certains anthropologues disent même que la découverte d’une tombe portant la trace de rites funéraires est la preuve irréfutable que nous sommes en présence d’un humain. Avec le mois de novembre, mois de défunts, nous pouvons réfléchir au message que nous lèguerons, le jour de nos funérailles, à ceux qui nous survivent. Les rites observés dans la cérémonie et dans la sépulture chrétienne disent la foi et l’espérance de l’Eglise à ceux qui y participent. Essayons de les décoder.
On peut aisément se rendre compte que la liturgie des défunts reprend les signes employés lors du baptême. C’est bien logique, puisque les funérailles à l’Eglise sont accordées aux baptisés et à ceux devaient être baptisés. Le premier rite est celui de la lumière rallumée près de la dépouille. Il nous rappelle celle confiée au parrain avec ces mots : « recevez la lumière du Christ », et que tient ensuite le baptisé le jour de sa profession de foi. La croix sur le cercueil nous renvoie à l’accueil, premier geste du baptême où le prêtre signe le front en disant : « Sois marqué de la croix ; le signe du Christ notre Sauveur ». La Parole de Dieu nourrit notre espérance en la vie éternelle, notre confiance en la Miséricorde de Dieu, comme elle avait éclairé les commencements de la vie de Dieu au cœur de l’enfant. En effet, pour les chrétiens, la vie éternelle ne commence pas à la mort, mais au baptême. Toutes les prières d’intercessions pour le défunt que comportent les obsèques, pour sa vie dans l’Au-delà, pour le repos de son âme, nous font remémorer toutes les demandes pour l’enfant, pour qu’il reste fidèle au Seigneur tout au long de sa vie terrestre. Cette intercession culmine dans la célébration de la messe pour le mort. Ensuite, de même que le Notre Père avait été prié au nom de l’enfant par ses proches, de même au terme de la vie, nos proches le redisent en notre nom. Enfin, l’eau dans est aspergé le corps du défunt est le lien le plus évident avec la liturgie baptismale. Quant à l’encens dont est parfumé ce même corps par respect pour le temple de l’Esprit Saint qu’il a été, nous renvoie au parfum par lequel il a été consacré au début de sa vie : le Saint Chrême.
La sépulture aussi est porteuse de sens. La préférence pour l’inhumation des corps est faite en référence au type de sépulture qu’a reçu le Christ : il a été enseveli. Pour un chrétien, être enterré, c’est une manière d’imiter Jésus-Christ jusqu’au bout. Nous sommes déposés la face tournés vers le ciel, symboliquement dans l’attente d’un réveil, la résurrection de la chair au dernier jour. Et même, dans les cimetières très anciens, les tombes sont orientées, c’est-à-dire que le corps est déposé de façon à pouvoir faire face au soleil levant s’il se redresse, le soleil figurant symboliquement le Christ dans son retour en gloire (1Th 4, 13-18). Nous avons aussi l’habitude de disposer les mains jointes en signe de prière, et même d’y glisser le chapelet de la personne.
Puisse ces quelques lignes vous aider à prier la prochaine fois où vous participez à des funérailles religieuses.
P. Roch VALENTIN +
journal Regards n°351 octobre 2010