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La fête du Saint-Sacrement ou « Fête-Dieu »

Qu’est-ce que la Fête-Dieu ? La réponse du père Roch Valentin, responsable du Service diocésain de pastorale liturgique et sacramentelle

Deux fêtes de l’Eucharistie

Le nom officiel de cette fête est la solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ et nous pouvons être étonnés qu’il y ait une autre fête de l’Eucharistie en plus de la Cène du Seigneur. En fait, le Jeudi Saint, nous célébrons l’institution de ce sacrement avec celui de l’ordre. De plus, étant étroitement uni à l’office du Vendredi Saint, la Cène nous invite à découvrir la dimension sacrificielle de l’Eucharistie. La messe rend présent sacramentellement le sacrifice du Christ sur la Croix et nous donne d’y participer et de nous y unir. La fête du Saint-Sacrement, située après le temps pascal, nous enseigne à approfondir une autre facette : le mystère de sa présence réelle sous les espèces eucharistiques, les apparences de pain et de vin. Et ceci, au cours de la célébration tout autant qu’en dehors, dans les tabernacles de nos églises.

Un peu d’histoire

L’Eglise, au fil des siècles, a pris conscience de la grandeur du trésor que le Seigneur lui a confié en lui faisant le don de l’Eucharistie. En particulier au XIIe et XIIIe siècles, les fidèles ont découvert les bienfaits de la vue de l’hostie pour leur vie de foi et ont conduit peu à peu les prêtres à la leur montrer au cours de la messe par l’élévation. Dans le même temps, dans plusieurs villes d’Europe, s’opèrent des miracles eucharistiques au cours desquels les saintes espèces saignent ou encore perdent leur apparence de pain et de vin pour être visiblement reconnues comme étant de la chair et du sang (soit pour raffermir un prêtre dans sa foi, soit pour convertir un profanateur). Ceci s’est développé en même temps qu’un approfondissement de la doctrine eucharistique face à des hérésies niant la présence réelle de Dieu dans le sacrement. Le chantre le plus éminent du Saint-Sacrement est alors saint Thomas d’Aquin. Sous l’influence de Sainte Julienne du Mont-Cornillon, la fête à été instaurée à Liège en Belgique, et ensuite étendue à toute l’Eglise par le pape Urbain IV en 1264. Lequel a confié à saint Thomas d’Aquin la rédaction des textes liturgiques de la fête. C’est à lui que nous devons les chants du Pange lingua et du Lauda Sion.

La particularité de la fête

Ce jour de grande fête, la messe sera solennisée autant qu’on le peut, et tout ce qui pourra aider à faire prendre conscience de la grandeur du Saint-Sacrement sera mis en œuvre (encensements, sonneries, cantiques…). C’est aussi le jour où l’on organise, si c’est possible, la procession du Saint-Sacrement. Notre diocèse a connu un grand promoteur de ces festivités en la personne du Saint Curé d’Ars. C’était avec lui très festif et coloré, et même bruyant en raison des pétards. Tout était bon pour honorer le Christ et manifester sa joie. Son réalisme lui faisait comparer les rues d’Ars où passait la procession avec celle de Nazareth dans lesquelles Jésus se promenait il y a deux milles ans. Dans notre monde, c’est un important témoignage public de notre foi en la présence de notre Seigneur dans l’Eucharistie.

P. Roch Valentin, responsable du Service diocésain de pastorale liturgique et sacramentelle

Procession du Saint-Sacrement à New-York

Pange lingua (hymne des vêpres)

Chante, ma langue, le mystère
Du Corps de gloire
Et du Sang précieux
Que pour le rachat du monde
Le Roi des nations,
Fruit d’un noble sein, a versé.
 
A nous donné, né pour nous
D’une Vierge sans tache,
Ayant, dans ce monde où il vécut,
Jeté la semence du verbe,
Il termina son séjour
Selon un ordre admirable.
 
Dans la nuit de la dernière cène,
A table avec ses frères,
La loi pleinement observée
Concernant la nourriture légale,
En nourriture aux Douze
Il se donne lui-même de ses mains.
 
Le Verbe fait chair, par son verbe
Change du vrai pain en sa chair,
Le vin devient le Sang du Christ,
Et si les sens défaillent,
Pour affermir un cœur sincère,
La foi seule suffit.
 
(Tantum ergo)
 
Vénérons donc prosternés
Un si grand sacrement ;
Que les anciens préceptes
Cèdent la place au nouveau rite ;
Et que la foi supplée
A la faiblesse des sens.
 
Au Père et au Fils,
Louange et jubilation,
Salut, honneur, puissance
Et bénédiction !
A Celui qui procède de l’un et de l’autre
Soit une même louange !
Amen.
 
Lauda Sion (séquence de la messe)
 
Loue, Sion, ton Sauveur,
Loue ton chef et ton pasteur
Par des hymnes et des cantiques.
 
Ose de tout ton pouvoir,
Car il est plus grand que toute louange
Et à le louer tu ne suffis pas.
 
Un thème de louange spéciale,
Le pain vivant et vivifiant,
Aujourd’hui nous est proposé.
 
Lors du repas de la sainte Cène,
Aux Douze ses frères
Il fut donné, nous n’en doutons pas.
 
Que la louange soit pleine, qu’elle soit sonore ;
Qu’elle soit joyeuse, qu’elle soit parfaite,
La jubilation de l’esprit.
 
Car nous vivons ce jour solennel
Qui de cette table entend célébrer
L’institution première.
 
A cette table du nouveau Roi,
La nouvelle pâque de la nouvelle loi
Met un terme à la phase ancienne.
 
La nouveauté chasse la vieillerie,
La vérité l’ombre,
La lumière dissipe la nuit.
 
Ce que fit le Christ à la Cène,
Il nous ordonna de le faire
En mémoire de lui.
 
Instruits par ses saints préceptes,
Nous consacrons le pain et le vin
En hostie salutaire.
 
Ce dogme est donné aux chrétiens
Que le pain se change en chair,
Et le vin en sang.
 
Ce que tu ne comprends ni ne vois,
Une ferme foi te l’assure,
Hors de l’ordre naturel.
 
Sous diverses espèces,
Signes seulement et non réalités,
Des choses sublimes se cachent.
 
La chair est une nourriture, le sang un breuvage,
Pourtant le Christ total demeure
Sous l’une et l’autre espèce.
 
On le prend sans le déchirer
Le briser, ni le diviser,
Il est reçu intègre.

 
       
   


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