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Les chrétiens, étrangers dans le monde

Deux solennités marquent particulièrement le mois de novembre : la fête de la Toussaint en son début ; la fête du Christ Roi à la fin. Celles-ci exercent un rôle capital, au moment où nous entrons dans les jours froids et gris de l’hiver. Elles nous invitent en effet à lever le regard vers le ciel et à entrer dans une perspective dynamisante, celle qui nourrit l’espérance chrétienne.

Ces deux fêtes liturgiques nous projettent au-delà des épreuves de l’existence comme aussi des petits bonheurs immédiats qui laissent profondément insatisfaits. Elles le font en nous offrant à contempler la seigneurie du Christ et la multitude des saints et saintes qui partagent cette seigneurie, c’est-à-dire la victoire de l’amour authentique sur les puissances de mort.

Alors que le monde présent ne nous propose généralement rien d’autre que la fuite en avant dans la recherche d’un simple bien être, dans la consommation de biens matériels et de loisirs de toutes sortes, dans la fréquentation d’un univers virtuel, la foi chrétienne, elle, nous place face à notre dignité et aux exigences de notre noble vocation de créatures créées à l’image et à la ressemblance de Dieu. Elle nous encourage donc à prendre au sérieux l’appel à la sainteté, c’est-à-dire à la perfection de l’amour qui se donne.

L’espérance chrétienne ne conduit certes pas à une fuite des réalités de ce monde. Bien au contraire ! L’histoire montre que les chrétiens ont toujours été profondément investis dans des actions visant à améliorer concrètement la situation des personnes en souffrance : qu’il s’agisse des domaines de la santé, de l’éducation, de l’intégration sociale. Mais, ils ne font pas qu’apporter un certain bien-être, car ils se soucient du salut de toutes les dimensions de l’existence humaine, sans oublier la composante spirituelle.

De ce fait la mission des chrétiens n’est guère confortable, car elle dérange, en même temps qu’elle libère et ouvre un avenir véritable. Nous pouvons apprécier l’actualité des propos de la lettre à Diognète, écrit anonyme du IIe siècle, rédigé en période de persécution. Celle-ci décrit fort bien la situation des disciples du Christ : « En un mot, ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L’âme est répandue dans les membres du corps comme les chrétiens dans les cités du monde (…) L’âme aime cette chair qui la déteste, ainsi que ses membres, comme les chrétiens aiment ceux qui les détestent. L’âme est enfermée dans le corps, mais c’est elle qui maintient le corps ; et les chrétiens sont comme détenus dans la prison du monde, mais c’est eux qui maintiennent le monde. »

Ne nous troublons donc pas de nous sentir parfois quelque peu étrangers dans ce monde : assumons paisiblement notre différence, de manière décomplexée ! « Le poste que Dieu leur a fixé est si beau qu’il ne leur est pas permis de le déserter », dit la lettre à Diognète !

+ Pascal ROLAND

 
       
   


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