Edito 
 
 
 
 
 
 
 

Hauteville

 

 

le baptême de Luciola

Lyon, ou Lugdunum en latin, s’éveille à peine dans ce matin de printemps 176.

Une jeune fille, vêtue d’un léger capuchon de laine, sort d’une villa romaine* cachée dans les arbres de la colline. C’est Luciola, une jeune esclave gauloise. Sa maîtresse, Victoria, l’a envoyée au marché pour acheter des poissons. Luciola respire avec délice l’odeur fraîche des jardins, Son cœur bat en descendant la colline. Pas seulement parce qu’elle marche vite, mais aussi parce qu’elle est joyeuse : dans quelques jours elle recevra le baptême ! Elle, la petite esclave que personne ne regarde, sera bientôt chrétienne, comme tous les habitants de la villa. Depuis le maître Attale, riche citoyen romain venu s’installer à Lyon pour ses affaires, jusqu’au plus petit esclave, Ponticus, un enfant de treize ans.

Luciola est encore « catéchumène ». Depuis trois ans elle se prépare au baptême avec Sanctus, le régisseur de la villa, qui est un diacre*. Il lui raconte l’histoire de Jésus, l’histoire des premières communautés chrétiennes, et le contenu de la Bonne Nouvelle des évangiles.

Hier, comme chaque dimanche, elle a assisté à l’eucharistie, célébrée dans la plus belle pièce de la villa, en présence de tous les chrétiens de la colline. Avant la prière d’action de grâce, Luciola a écouté l’enseignement du chef de la communauté chrétienne à Lyon, le vieil évêque Pothin qui a quatre-vingt dix ans.

Pothin et Irénée, le prêtre de la communauté, sont venus de très loin pour annoncer aux habitants de Lyon la Bonne Nouvelle. Ils sont venus de Smyrne, en Asie Mineure : un long voyage de plusieurs mois. A Smyrne, Pothin et Irénée ont écouté le fameux Polycarpe, l’évêque de la ville. Polycarpe tenait son enseignement de l’apôtre Jean lui-même.

Luciola se souvient de chaque instant de cette eucharistie. Après la prédication, l’évêque a demandé à tous de prier à haute voix. Puis on a apporté le pain et le vin. Luciola a vu chaque baptisé s’avancer pour recevoir, dans la paume de sa main, un morceau de pain qu’il a mangé. Les diacres ont porté leur part aux absents.

Luciola approche maintenant du Rhône. Elle sent les odeurs fortes du marché. L’odeur du goudron qui sert à enduire les outres, l’odeur du houblon, l’odeur des boulangeries. Elle marche en songeant à ses amis de la villa, Blandine et Pertinax qui ont déjà reçu le baptême. Blandine s’occupe du linge, et Pertinax est cuisinier. Les chrétiens ne sont pas bien nombreux à Lyon : quelques centaines sur les 150 000 habitants que compte la ville. Mais ils font déjà parler d’eux ! Luciola entend les racontars des gens quand elle vient au marché. On accuse les chrétiens d’adorer un dieu à la tête d’âne ou bien de croire en aucun dieu, d’être des « athées ». En effet, les chrétiens refusent d’entrer dans le splendide temple de Jupiter, qui se dresse au milieu de la cité, ou dans le temps de la déesse Cybèle. Ils refusent aussi d’adorer la statue de l’empereur.
Alors quel est le Dieu de ces chrétiens ?
Et pourquoi se cachent-ils pour leurs cérémonies ?
On dit qu’ils mangent des enfants, qu’ils boivent leur sang, et qu’ils s’enivrent de vin.
On dit qu’à cause d’eux et de leurs pratiques, les pires malheurs s’abattront sur la cité ! Luciola connaît tous ces mensonges.

La vérité est tout autre, et c’est elle, justement, qui a attiré Luciola. Les chrétiens s’entraident et partagent leur argent et leurs richesses. Ils secourent les veuves, les enfants, les malades. Chez les chrétiens, il n’y a plus ni esclave ni maître, tous sont égaux, Ils n’aiment pas les jeux du cirque et leurs sanglants combats de gladiateurs. Les chrétiens ne veulent pas être soldats afin de ne tuer personne. Chez les chrétiens, on s’accuse de ses fautes et on se pardonne. Voilà ce qu’est, avant tout, pour Luciola, être chrétienne. Mais qui pourrait le croire, à moins d’entrer dans la communauté ?

Luciola est arrivée au milieu des étals des marchands. Elle choisit deux grosses carpes et repart bien vite vers la villa de ses maîtres. Elle est impatiente de voir la journée se terminer. Ce soir, Sanctus va raconter l’histoire de la première communauté chrétienne de Jérusalem.

Sanctus, Luciola et les autres catéchumènes, Robustus, Myrtillus et Titiola, sont assis dans l’atrium*. L’eau du bassin clapote doucement. Sanctus se met à raconter :

-  « Après la résurrection de Jésus, ses disciples sont rassemblés dans une maison de Jérusalem avec Marie et quelques femmes. On est le jour de la Pentecôte, une grande fête juive, et il y a beaucoup de monde dans la ville. Alors l’Esprit de Dieu descend sur les apôtres. »

-  « Comme Jésus leur avait promis ! » interrompt Robustus, qui se souvient bien de l’histoire de Jésus.
-  « Tu dis vrai, répond Sanctus. Les apôtres sortent alors dans la rue et se mettent à proclamer la Bonne Nouvelle de Jésus ressuscité, aux juifs rassemblés autour de la maison. Ce jour-là, plusieurs milliers d’entre eux demandent le baptême. »
-  « Comme nous bientôt ! » s’exclame Myrtillus, les yeux brillants.

Sanctus continue son récit :
-  « La première communauté est née. Ces premiers chrétiens sont encore très proches de la religion juive. Ils vont prier dans le temple de Jérusalem et obéissent à la loi juive. Mais, à la différence des juifs, ils sont baptisés et participent à l’eucharistie. Bientôt cette communauté va s’ouvrir à d’autres juifs venus de bien loi : d’Alexandrie en Egypte ou d’Antioche en Syrie. Ces juifs parlent le grec et vivent parmi les païens. Etienne sera le premier diacre de ces juifs de l’extérieur de la « diaspora » comme on les appelle. »
-  « Etienne était diacre comme toi ? » interroge Robustus.

-  « Oui, et il sera lapidé, tué à coups de pierres parce qu’il ose proclamer que Jésus est fils de Dieu. Et ça, c’est un blasphème* pour les juifs. Enfin, un événement considérable va se produire dans la communauté : l’apôtre Pierre baptise le premier païen, le centurion* Corneille !
L’Eglise s’ouvre à tous. Maintenant, on peut être chrétien sans être juif. C’est alors que des chrétiens vont se lancer sur les chemins de l’empire romain pour annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus. »

-  « Comme notre évêque Pothin ou comme Irénée ? » demande Myrtillus.

-  « Exactement, répond Sanctus. Parmi ces missionnaires, il y aura un petit homme extraordinaire : Paul de Tarse. C’était un juif intransigeant qui avait persécuté les chrétiens. Il avait même assisté à la lapidation d’Etienne. Il se convertit à notre foi sur la route de Damas en Syrie. Après sa conversion, il sillonne les routes de l’empire romain. Avec son compagnon Barnabé, il fonde de nombreuses communautés chrétiennes : à Corinthe et Athènes en Grèce, à Philippes et Thessalonique en Macédoine, à Ephèse en Asie Mineure. Il écrit de longues lettres à ces Eglises pour affermir leur foi en Jésus Christ. Après ces nombreux voyages, Paul, de retour à Jérusalem, est arrêté par les chefs juifs qui cherchent à le tuer. Comme il est citoyen romain, il fait appel à l’empereur pour être jugé. ussi est-il envoyé à Rome, qu’il atteindra au bout de deux mois et après avoir subi un naufrage. Il restera encore deux ans dans la capitale romaine avant d’être martyrisé à son tour, sans doute en même temps que l’apôtre Pierre.
Après la mort des derniers apôtres, la Bonne Nouvelle de Jésus est arrivée dans presque toutes les régions de l’empire romain. »

-  « Même jusqu’à nous, à Lyon, » ajoute en souriant Luciola.

Sanctus se tait. La soirée est déjà fort avancée. Les étoiles brillent au-dessus de la colline. Luciola pense à tous ces chrétiens dispersés dans l’immense empire. Comme elle est impatiente de devenir chrétienne, elle aussi !

La nuit de Pâques est arrivée. C’est le jour choisi pour le baptême. Toute la communauté est réunie dans l’atrium.

Depuis la veille, les catéchumènes jeûnent et prient. Ils sont maintenant au bord du bassin. Luciola descend dans l’eau. Le vieil évêque Pothin lui impose les mains et, en lui versant de l’eau sur la tête, il la baptise « au nom du Père, du Fils et de l’Esprit ». Nicée, la marraine de Luciola, lui passe de l’huile consacrée sur tout le corps. Ensuite, elle l’aide à enfiler une tunique blanche. Luciola sort de l’eau. Elle est fille de Dieu. Enfin, elle communie au corps et au sang de Jésus Christ.

En ce jour de fête tant attendu, Luciola ne peut se douter que des événements terribles se préparent. L’année suivante, en 177, les habitants de la villa seront arrêtés par les soldats romains. L’évêque Pothin sera tué, le maître Attale aura la tête tranchée dans l’arène. Blandine, l’amie de Luciola, Sanctus et même le petit Ponticus seront martyrisés devant la foule des arènes de Lyon. Seuls Luciola et Irénée, le prêtre de la communauté parti en voyage, survivront. Mais après un moment de désarroi, la communauté chrétienne de Lyon renaîtra, et Irénée en deviendra l’évêque. Il annoncera Jésus Christ aux populations gauloises de la vallée du Rhône.

Plus tard des chrétiens viendront à BELLEY et dans les environs ;
Une communauté chrétienne se constituera dans le Bugey. Pour aider ces gens à vivre selon l’Esprit de Jésus un evêque sera nommé à Belley pour encouragé les chrétiens de la région à vivre dans la Fidèlité à la FOI en Jésus. En l’An 412 nous avons une trace historique de cet evêque, Son Nom est AUDAX. En 2012 nous fêterons à BELLEY les 1600 ans de christianisme dans le BUGEY !


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