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Où trouver une meilleure justification de la mission chrétienne que dans les paroles testamentaires de Jésus : "Allez dans le monde entier, . des toutes les nations, faites des disciples ! " Ces paroles sont si tranchantes, si nettes dans leur brièveté, qu’elles découragent toute ambiguïté.
L’action missionnaire s’identifie au christianisme ; dans son principe, la mission chrétienne est universelle ; elle ne souffre aucune exception de lieux, de langues, de personnes. Au soir du Jeudi Saint, Jésus avait dit : "Voici mon sang versé pour la multitude ! " Être chrétien, c’est prendre à son compte les paroles de Jésus et vouloir qu’elles se réalisent. C’est donc être missionnaire !
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Très tôt, cet appel à la mission universelle s’est heurté à d’autres paroles de Jésus, des paroles tout aussi fermes : "Je m’en vais, je reviendrai vous prendre et là où je suis, vous serez avec moi ! "
Les propos de Jésus ont été compris dans la perspective d’un retour très prochain. C’est pourquoi un certain nombre de disciples avaient décidé de ne plus rien entreprendre et même de ne plus travailler du tout ! Si le retour du Christ était imminent, à quoi bon s’engager dans une action qui demande justement du temps.
Plus le retour du Christ était compris comme tout proche, moins les actions à long terme se justifiaient. Au contraire, plus Son retour était différé, plus la mission prenait sa place avec toute son ampleur.
Avec l’expérience, les disciples ont compris que ce retour n’était pas pour tout de suite. Il était simplement différé. D’où une nouvelle conception du temps : en s’allongeant, le temps était accueilli comme une grâce, comme un trésor qu’il ne fallait pas gaspiller, comme un bien confié qu’il fallait faire fructifier, à l’égal des talents de la parabole.
La mission, dans sa compréhension chrétienne, repose ainsi sur plusieurs certitudes :
Mgr Guy-Marie Bagnard, 11 octobre 2002 |
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